Rivages

Vagues

Vagues vous m’êtes
Une éternité indifférente à l’horizon
Portées par la noria
Des jours réguliers et chancelants

Multitudes patientes
Vous vous égaillez fragiles sur la grève
Arrachées à la trêve liquide
De la lune opaline


Vous gisez éphémères
Sous votre linceul d’écume amère
Le sable de l’oubli des terres océanes

Vagues vous m’êtes
l’azur à l’étendue incertaine
Le cœur et l’avenir
De l’enfant nu qui regarde l’océan

Par défaut
Lumière et distance

Cet arbre là, au loin

Cet arbre là, au loin
Par-delà la fenêtre indolente
M’appelle
Sagesse de branches
Portées par le vent tiède du jour
Mouvement et langage, murmure

Vent, arbre, multitudes
Pantomime, volutes et arabesques
Vous m’êtes un apaisement
Pour combler la béance

Vent, arbre, multitudes
Songe alangui, bruissements
La tendresse et la beauté
Pour incarner la distance

Par défaut
Rivages

Ici

Ici, sur la grève magnétique
Je me suis vu l’océan mourir
Dans l’appel lointain des peuples de l’eau

Mais ce n’était pas moi

Lumière, que vois-tu qui m’est inaccessible
Lumière, tu ne vois pas

Regarder l’océan mourir
Et se dire, se dire être
Être
Quelque chose d’une dilution dans l’infini

Indicible lumière, peut-être
Et l’océan

Par défaut