Les heures ordinaires

Dans les replis de l’instant. 22h37

À la faveur de la nuit, hier
Le jardin s’est égayé du retour d’un hérisson

C’est toujours une surprise
Un hérisson
Le temps qui se replie sur lui même
Dans le grondement mat de sa présence
Il se trouvait là
Contraint par le petit portail bleu
Cherchant à s’aventurer plus avant
En quête de nourriture sans doute
Je lui ai donné de l’eau, l’observant un instant
Avant de le rendre à lui-même

Naturellement
Nous ne nous sommes rien dit
Mais j’ai appris, beaucoup
Un hérisson, l’eau, la nuit

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Lumière et distance

Vert variations

Par la fenêtre
La vigne vierge, l’érable
Tout n’est que variation de vert

Un vent léger invite les branches
Au ballet simple de ses impressions
Porté par le ramage de l’arbre
Le chant des matins de juillet
Qui dit l’eau et la lumière
L’être, l’oiseau, l’envol

Et je suis là, coupable et confiant
Qui cherche à me soustraire
À la pesanteur des hommes

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Rivages

Mémoire des brisants

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Écueil de l’abysse
S’étire le printemps

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Perle sur la nuit
Le baiser des bruines amantes

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Éther de l’écume
Les tourbillons de l’envol

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Ruisselle sur ma peau
Le sel des jours bleu céladon

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