Echos

Là-bas cependant

Il est en ce lieu un comble
Arraché au silence corrompu de l’abandon
La ruine des jours sombres
Confiée à la mémoire de ceux qui ont fui
Mais tous ont oublié
La candeur de l’albâtre et le verre poli

Là-bas cependant
Tu entendras
La prière absurde du mélèze
Le chant taciturne du hibou
Pour dire la patience des cœurs éperdus

Là-bas cependant
Tu entendras
Le chant du bois l’âme grise
Les veines incandescentes de l’aube
Qui déchirent les brumes de l’ennui

Là-bas cependant
Tu comprendras
Le sourire de la pluie l’âtre chancelant
De toutes nos vies l’éveil
Le murmure fragile suspendu

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Fantaisies

Je n’aime pas les romances

Je n’aime pas les Romances
Qu’y puis-je, c’est comme ça
Cela me crée des exaspérations
C’est dire si je ne les aime pas
Alors je rumine
Les romances au musée !
Ou quelque chose comme ça
C’est bien le moins que l’on puisse faire
Vous ne trouvez pas ?
Bien sûr les ravis de la rengaine récalcitrent
Ou renâclent si vous préférez
Ils récitent des vers empruntés
A d’autres, forcément
Ils font des pas de deux, de côté en somme
Cela me crée des exaspérations
Encore
J’accumule
Alors je déblatère
Les romances au pilori !
L’affaire est sérieuse n’en doutez pas
Quoique vous fussiez enclin à en rire
Surtout pas !
Je n’aime pas les Romances
Qu’y puis-je, ne me quittez pas

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Fragments de l'homme mort

Outre-saison

Tout n’est que silence, immobilité
Saisons englouties par un ciel monotone
Bleu trop pâle, sans horizon
Le vent de lui-même s’est consumé
Hanté par l’embrasement muet de la poussière
Crépuscule fauve des appétits patients
Alors je pense à demain
Demain qui peut-être s’est tari
Emporté par mon rêve-bouteille
Qui s’étire sur un océan asséché de roches saillantes
Alors je regarde, havre de la nuit
Les étoiles
Pour réinventer un sens
Dans l’illusion de leur fixité
La seule que désormais je comprends

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