Rien ne me rappelle à ton souvenir
Que cette vague saura apaiser
L’abandon
Le sang de l’abandon
Sel amertume
La larme rosissante
Canine écume, horizon du givre
Loin
Les pâles sourires
Écorce, écorchures-embruns sauvages
Le feu tari de nos vertiges soudains
Vie d’encre-repentir
L’haleine élavée du vide imparfait
Et l’imminence de la grève languissante
Muse
Combien de gorgées de vin faut-il boire
Pour ne plus avoir soif
Je bois sans malice
Toutes les rosées du printemps
Les lèvres tiédies de mes passions vagabondes
Le cœur ami du vent léger
Dans l’attente des jours qui portent ton nom
Et tu es là toujours
Dans le souvenir de l’instant qui vient
Et je vis
Dans tes bras dans ton ventre
Pour écrire le théâtre des Songes
Jeu d’enfant
Dans les confins du monde
au fond du jardin
l’enfant s’invente des fables de fin d’été
gaieté de mûres
et badinage de figues
les lèvres et les joues grenadines
Et quand vient le soir
par la fenêtre entrebâillée
il se parle
et rit
et rit encore
toute une nuit
Lumière translation
S’inventer une présence
observer, s’abandonner
longtemps
à l’indicible matière
Là-bas un bosquet de feuillus
vert sur vert sur vert sur vert
la constance uniforme de l’ennui ?
Et puis le ravissement
espéré, inattendu, patient
Un éclat vermeil qui transfigure l’attente
et tout s’anime
Tout devient nuance, élégance des teintes
malachite, prasin, mélèze, lichen
et d’autres, tant d’autres
dans la lumière oblique d’un instant
si tôt passé
à jamais mémoire
unanime