Lumière et distance

Rappelle-toi

Rappelle-toi nos serments
le sang qui coule dans les mots
les larmes que l’on voudrait éteindre

Rappelle-toi l’impatience
de nos mains qui s’ouvrent
aux lendemains confiants et secrets

Rappelle-toi le parfum de l’espoir
comme une aventure suspecte ?
Le regard enivré de liberté !

Rappelle-toi ton nom, tout le jour oublié
nos cœurs avides, vivant l’exil
mais toujours vivant !

Rappelle-toi le jour qui se lève
la brume comme une étreinte
désir insatiable de l’homme fier

Rappelle-toi le rêve que tu fis enfant
l’absurdité d’un songe …
qui ne le fut jamais vraiment !

Nous l’avons rêvé, rappelle-toi
oui, nous l’avons rêvé ! rappelle-toi !

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Lumière et distance

Un songe

Je trouve dans l’inconstance sereine des matins d’hier
Des fragments de mémoire interdits et secrets
Le tison noueux porté à l’âtre farouche
Qu’attise le temps des récits liminaires

Passager de l’épure
je bois des demi-lunes fabuleuses
J’étreins des horizons métalliques
Le regard alangui et capricieux

Attente
Or de mes nuits, douces

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Fragments de l'homme mort

Solitude ?

Nous vivons seuls, placides
perdus dans l’ambiguïté du quotidien
Consommateurs d’espaces indéfinis
prêts à l’expérience

Nous monnayons des couleurs
aux impavides nuances
Pour croire que tout existe
au-delà de rien

Et alors, que reste-t-il ?


Une bouée, un repère
dix carrés de lièges, peints à la va-vite
Sept rouges, trois blancs
patinés par les ans.


L’océan qui se retire
une étoile qui s’éteint
Toi…         
… et moi
policés par les ans

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