J’irai là-haut, embrasser le contre-feu des nuages
élargir le cercle tronqué des nuits indolentes
Silhouette, ma main s’abîme dans l’azur
mes yeux trop meurtris sont aveugles à tes mots
Qui es-tu, toi que j’ai tant aimée ?
Qui es-tu, toi que j’ai si peu su aimer ?
Le passé
A l’aube du dernier jour
mémoires clandestines
nous habitons des bouts de maison
sur les franges écarlates du soleil couchant
Trois notes
Nos vies de murmure
pianotent sur l’étal des jours
l’adagio irrésolu
de nos sentiments soudains
Nous filons le siècle
trois notes suspendues
l’existence en clair-obscur
l’âge vagabond
Toutes nos jeunesses
tes yeux pour harmonie
le souffle pourpre
Trois notes définitives
qui scandent mes ténèbres
en un éclat patient
Nuées
L’aube s’est drapée ce matin d’un camaïeu diaphane
[nuées]
Trois notes de musique au loin, douces
L’étrangeté soudaine d’une chimère dans l’orage
Souvenir impétueux de l’aurore
Au seuil des maisons
Il est des bancs de lichen et de solitude
pour accueillir la vieillesse messagère
qui devise les mains offertes
pour dire l’éblouissement d’une vie
Le désir est une lampe bleu pétrole
qui projette aux confins du monde
des parfums suaves et écarlates
Les baleines s’en émeuvent, qui
méditent des théorèmes aqueux, où
la parole se perd dans les limons
d’une éternité passagère
Mais tout de même encore
à la nuit tombée
les bancs de solitude sont là
qui conversent entre eux