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Sédition

Je ne veux pas de votre quiétude docile
sommeil complaisant ivre de lui-même
l’oubli des vivants que l’on enterre
sur les bas-côtés des routes de toujours

Je ne veux pas de vos sourires las
qu’empruntent à la vie vos cœurs tièdes
oraison fraternelle qui étale sa misère et meure
sur le pavé lugubre de vos villes absentes

Je ne veux pas de votre bon sens suffisant
que des sondages pleutres érigent en statues
les républiques endormies au sein couvert
et drape de paresse les jours émancipés

Je ne veux pas de vos sexes torves
qu’inspire la chair contrainte
sous quelques expiations malsaines
en offrande à l’orgasme coupable

Je ne veux pas de vos heures hurlantes
qu’expire le râle de vos pâles envies
satisfaction des jours ordonnés,
complice ordinaire au silence trahi

Je veux un rocher pour tourment
le contempler au loin une minute pleine
du haut de cette montagne sans âme
Je veux le trouble et l’émoi

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Fragments de l'homme mort

Mur horizon

J’ai longtemps marché le long de ce mur de tuffeau froissé par les ans
Flânerie ordinaire
égayée par la révérence aimable de quelque valériane purpurine
que le vent accapare de ses instances soudaines

Ce mur est mon horizon, il ne m’appartient pas de le franchir
Minutes blêmes
il n’est pour l’abolir qu’une bise amie propre à animer les pages
les notes égarées d’un rire cristallin, vestige de ma liberté perdue

Je converse alors avec la pierre mille portes aux arabesques sauvages
Illusion amère
que ce langage amène souffle à l’impertinence d’une idée asservie
l’Iris des lendemains plus subtils, risée des pas anciens

Ce mur n’existe pas, il n’a jamais existé

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Lumière et distance

Lueurs

J’ai cherché
à l’ombre des pierres séculaires
où le sable si vaste embrasse l’allégresse
les matins d’hier


J’ai dévoré les racines d’une éternité sauvage
l’âme assoiffée des parfums oubliés
où la dune en éveil
trompe l’écueil de ma mémoire plurielle

J’ai consulté les adages de mes empires lointains
tracé deux runes, fureur et tendresse
qu’un vent résistant, porte depuis si longtemps

J’ai ri de moi, le pas suspendu
aux reflets opalins de la lune amie
Lueur, je t’ai cherchée
Lueurs, j’ai survécu

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