Fantaisies

Le poète inachevé

Longtemps j’ai aligné des vers
comme on aligne des soldats de plomb
général d’une métrique austère
qui n’a de belle que la prétention

Je n’étais que celui-là
passager
des recoins inaudibles
les mains brisées par la glace
interdites
aux futaies d’opale

Tu………….
………….es……………….. étonnement
………la…………..brume
…………épaisse de mon recueillement
éphémère

Tu…. es ….

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Lumière et distance

Contrepoint

Dans la fenêtre un reflet s’invente des
trajectoires fugitives, insaisissables
réalité de nos pas qui s’éloignent ou
réponse à nos pensées obliques

L’être se devine dans cette dissociation
image furtive de la distance de soi
comme un acte de rappel salutaire
pour s’affranchir des mondes courbes

Dehors l’obscurité s’emmêle, opaque
dans son infinité radieuse, nuit réelle
intemporelle pourtant, mémoire de
l’imagination, forme vive du dedans

Cette pensée nous effleure soudaine
présente toujours en soi-même
dans cet intervalle discret des songes
contre-point fugace, immuable du réel

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Fragments de l'homme mort

Mélancolie

Les étoiles pleurent un miel d’amertume
halos oubliés des siècles impertinents
Mon souffle s’égare sur les carreaux d’hiver
que la buée anime et tristement éteint

Je devise des épices inopportunes
pensées étourdies de mon cœur safran
errance desséchée de mes fantaisies d’hier

A l’orée inquiète des nuits sans lune
mon regard est un spectre patient
l’œil assoiffé des zéniths ordinaires
qui s’étonne trop peu de ne voir rien

L’abîme, écrin affligé de mon serment
joue des airs de lyre éphémères
consolation des allégresses nocturnes

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Rivages

Flâneries réciproques

J’ai gagné le fleuve ce jour de septembre
absorbé par la brume évanescente au petit matin
rivière de lait à l’ondoiement indécis

Soudain quelque martin-pêcheur s’égaye là
et se rit de moi ses apparitions fulgurantes
pour troubler ma mélancolie passagère

Les frênes s’en attendrissent et assiègent ma peine
frondaisons automnales bercées par un soleil tranquille
qui donne à mes ébauches des perspectives plus sincères

S’abandonner
le temps d’un éclat, cet éclat
miroir de mes parages clandestins

La mer perle à mes yeux des embruns sauvages
regards avides et sombres de la nacre claire-obscure
écume furieuse aux bruissements balsamiques

C’est un spectacle de Fous de Bassan
unanimes à la parade de l’aube animée
témoins flegmatiques des jours de mars

Le paysage épouse un camaïeu de gris
qu’un vent malicieux transfigure les nuages
et perce l’horizon d’un rai à l’orbe argentine

S’abandonner
le temps d’un éclat, cet éclat
miroir de mon âme océane

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