Terminaisons amoureuses

Quand la rose a parlé

Être à soi
L’âme au vent qui peint pour les yeux attentifs
Des paysages de champs de blé
Et de frondaisons

Être à soi
Le chant diaphane du crépuscule
L’éternité sauvage
D’un ciel de flammes, safran et terre de Sienne

Être à soi
Une itinérance de mots Poussière
Péchés dans les multitudes de la nuit
Quand les hautes herbes épousent l’horizon

Être à soi
Ce baiser qui dit l’instant et l’orage qui vient
Les étendues fébriles de la lune intervalle
Quand la rose a parlé

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L’aube

Marcher dans l’herbe
encore fraîche des larmes de la nuit
Et ouvrir son cœur
aux pépiements de l’oiseau

Je t’ai reconnue

Dans l’embrasement d’une étoile
aux parfums de racines
L’aube, immortelle
Les fragments vermillon du jour
Pour dire
L’éloquence de nos matins cinabres

C’était il y a bien longtemps
Ou peut-être pas
Quand était-ce déjà
L’aube, l’oiseau, le soleil
Tous nos matins, recommencés

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Un frisson

Voilà bien longtemps que nous marchons ensemble
côte à côte
Sur des chemins de nous seuls connus
Et j’ai effleuré ce matin ta main
Comme au premier jour

Dans le repli de cet instant
Je t’ai vu plénitudes
Nos flâneries familières
Le visage légèrement penché, les yeux mi-clos
Face au soleil
Dans la certitude de t’aimer

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Le présage du jour

Geste ou mot, songe
Ce signe à nous partagé
L’as-tu reconnu qui nous portait l’un à l’autre

La plume d’un oiseau
légère
Portée par le vent chaud
Un Zéphyr d’incertitude douce
Qui s’amuse des futaies
Dans l’entre deux âges de l’envol
L’aube
Un rire qui s’abandonne
A la marche du vent
Premières oscillations
Nos pensées asphodèle
L’irrésistible attente du chant des vagues

Signe
Tu auras tout appris de nous
Jusqu’à notre rencontre
Bien avant que nous arrivions l’un à l’autre

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Hier moins une minute

Il se peut qu’un jour nous ayons eu vingt ans
L’âge des vastes hésitations
L’ailleurs pour raison brûlante
Quand nous nous connaissions possibles

D’un quai à l’autre la foule incommodante
Des passagers du jour… et de la nuit
Les trains à l’unisson, bientôt partis
Dans le crépitement des horloges impassibles

Les matins de jaspe à l’insouciance effrontée
Poèmes irréels ton rire pour direction
Toutes nos certitudes inachevées
Dans ce train qui s’émeut, nos vingt ans

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