Rivages

Un château de sable

Nos lumières d’août
Les cristaux rosissants qui tapissent la grève
Rêves de sel
Qui virevoltent dans le vent tournant
De nos mémoires incandescentes
La pureté chromatique de l’abandon
Épris des vagues soudaines
L’éclat irisé des cris de l’enfance
Gagnée par le feu séculaire de l’eau
S’attarder
Dans la nonchalance océane
L’entre deux âges
De nos vies de sable chancelantes
L’écho profond de l’été

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Rivages

Un rêve #1 / #2

Par-delà la nuit
l’indéfini sommaire
nos pas contingents qui défient l’abyme
Une ténuité
de nattes de jonc de mer
en suspens sur les flots noirs
pour dire
tant d’existences
dans l’idée de l’envol

Par-delà la nuit
le souffle alangui des dunes
dans la moiteur crépusculaire de mai
Le vent qui chuchote
doigts légers
la promesse de la houle
pour dire
les étoiles attentives
à l’étreinte

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Rivages

Mouette

Que vois-tu, Mouette
toi qui là-bas solitaire sur ton rocher
apprends à qui veut te plaire
la patience

Quel est ton horizon
toi qui gracile dans l’envol soudain
converses avec le vent rieur
l’étreinte

Quelle est ta raison
toi qui muse des parages lointains
épouses dans la course de ton aile
les murmures

Me diras-tu un jour ce secret
à nous deux lié
Moi qui vis dans ton sillage
l’abandon

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Rivages

Promenade

Je devine l’océan dans l’horizon lointain
Là où la ligne des nuages cède aux gris profonds
Les murmures de l’écume et son langage des hauts-fonds

Le vent d’ouest me console de l’intolérable distance
Chargé d’iode à l’heureuse mémoire des parfums de l’été
Pour m’égayer un peu des rives amères du Léthé

Ainsi vais-je le cœur serein dans la pénombre
goutant la nuit dans la caresse infaillible du sable
L’enfance pour présage, en égide aux ténèbres haïssables

Mon âme se trouve là, à la confluence des mondes
Dans les traces de l’homme sincère confident de la grève
A l’écoute des tumultes du temps et du rivage des rêves

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