Rivages

Sillage

Tout est si
Calme
Étrangement indistinct
Impartial
Sans avis, univoque
Succinct l’appel
La torpeur
Électrique
Du Clanck-gong
Résonance familière
La nuit épave
Tout est houle
Naissance iridescence
Anfractuosités
Lumière lumière

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Rivages

Mémoire des brisants

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Écueil de l’abysse
S’étire le printemps

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Perle sur la nuit
Le baiser des bruines amantes

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Éther de l’écume
Les tourbillons de l’envol

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Ruisselle sur ma peau
Le sel des jours bleu céladon

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Rivages

Vagues

Vagues vous m’êtes
Une éternité indifférente à l’horizon
Portées par la noria
Des jours réguliers et chancelants

Multitudes patientes
Vous vous égaillez fragiles sur la grève
Arrachées à la trêve liquide
De la lune opaline


Vous gisez éphémères
Sous votre linceul d’écume amère
Le sable de l’oubli des terres océanes

Vagues vous m’êtes
l’azur à l’étendue incertaine
Le cœur et l’avenir
De l’enfant nu qui regarde l’océan

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Rivages

Ici

Ici, sur la grève magnétique
Je me suis vu l’océan mourir
Dans l’appel lointain des peuples de l’eau

Mais ce n’était pas moi

Lumière, que vois-tu qui m’est inaccessible
Lumière, tu ne vois pas

Regarder l’océan mourir
Et se dire, se dire être
Être
Quelque chose d’une dilution dans l’infini

Indicible lumière, peut-être
Et l’océan

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Rivages

L’arbre latent

Je suis la dune, je suis l’océan
J’existe dans l’espace au-delà des limites

Je suis l’équilibre
Il n’y a ni haut
ni bas
Seulement l’espace plan du devenir

Je suis là
Un sanctuaire
Paysage de souches polies
L’arbre, le bois pétrifié de l’azur
Fragile
L’homme
Le sel, le vent
L’âme grise du souvenir

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