Pulsations

Sédition

Je ne veux pas de votre quiétude docile
sommeil complaisant ivre de lui-même
l’oubli des vivants que l’on enterre
sur les bas-côtés des routes de toujours

Je ne veux pas de vos sourires las
qu’empruntent à la vie vos cœurs tièdes
oraison fraternelle qui étale sa misère et meure
sur le pavé lugubre de vos villes absentes

Je ne veux pas de votre bon sens suffisant
que des sondages pleutres érigent en statues
les républiques endormies au sein couvert
et drape de paresse les jours émancipés

Je ne veux pas de vos sexes torves
qu’inspire la chair contrainte
sous quelques expiations malsaines
en offrande à l’orgasme coupable

Je ne veux pas de vos heures hurlantes
qu’expire le râle de vos pâles envies
satisfaction des jours ordonnés,
complice ordinaire au silence trahi

Je veux un rocher pour tourment
le contempler au loin une minute pleine
du haut de cette montagne sans âme
Je veux le trouble et l’émoi

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Pulsations

Aquarius

Je pleure cette mer tapie d’un champ de bruyère
frontière de l’exil pour ces corps trop jeunes usés
interdits au rivage fraternel, qui échouent à l’ossuaire
des saluts amers, offense à la Méditerranée
Ainsi vont les bateaux de l’incertitude
dans le pâle matin, en leur triste solitude
Je pleure cette mer en son linceul

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