Quand soudain le silence se fait, autour
de quelques silhouettes délicatement apprêtées
la foule s’émerveille du sort qui la vit abdiquer
Elle admire alors ce petit monde aux tristes atours
et s’embrase du charisme d’aucun, à la pale figure
de quelques airs faussement mutins
Ce qu’il y a de génie dans l’incurie batailleuse
des dresseurs du nombre, qui vaticinent
la grâce pour de sombres immondices !
Qui puise des secrets dans la connivence des
astres, qui charme des serpents insensés
pour embrasser le mutisme des sphinx
Ainsi est-on conquis, incrédule, vif de son
apaisement, se pensant en homme libre
quand la harangue immole les cœurs
Mais que valent ces lendemains, drapées de
l’illusion fraternelle, le chœur éteint de l’intime
ahuri, devenu inconnu à soi-même, perdu ?
Rien
Rien que le silence n’aspire à confondre le
silence, pour entendre à nouveau la plaidoirie
patiente de nos destins retrouvés