Pulsations

L’arbre

Horizon vernal
Entrelacs de branches vides
L’ailleurs de l’arbre transfigure sa douleur
Pays de vent et d’ambre
Où la mémoire de l’eau
Survit dans la courbure des dunes

L’azur rythme de son immobilité profonde
Sa scansion intime, heures ocres
La source s’est tarie
Camaïeu-ombre, interdit
Poussières de latérite
L’arbre meurt

Par défaut
Pulsations

Nuances

Vous connaissez
des instincts les plus bas la colère
Sans jamais y céder
pour qui cherche à vous plaire

En maître fallacieux
de la querelle des égos
Qui Iago alimente l’invective
des plus vils mots

Vous jugez
d’autorité la sage tempérance
Qui des débats apaise la raison
en sa conscience

Vous êtes nuances
l’intelligence subtile du regard
pour voir et pour aimer

Par défaut
Pulsations

L’indifférence

Ce matin, un homme s’est effondré
étendu, là, dans la rue
évanoui, une minute peut-être
mais bientôt mort
de froid

Il n’aura pas su nous dire
l’inertie rampante, la zébrure du givre
qui marbre l’asphalte
du fond de ses yeux
clos

Cet homme je l’ai vu, oui
étendu, là, dans l’étonnement
ce matin sourd, une minute peut-être
je ne me souviens
plus

Par défaut
Pulsations

Spectres bruns

Quand soudain le silence se fait, autour
de quelques silhouettes délicatement apprêtées
la foule s’émerveille du sort qui la vit abdiquer
Elle admire alors ce petit monde aux tristes atours
et s’embrase du charisme d’aucun, à la pale figure
de quelques airs faussement mutins

Ce qu’il y a de génie dans l’incurie batailleuse
des dresseurs du nombre, qui vaticinent
la grâce pour de sombres immondices !
Qui puise des secrets dans la connivence des
astres, qui charme des serpents insensés
pour embrasser le mutisme des sphinx

Ainsi est-on conquis, incrédule, vif de son
apaisement, se pensant en homme libre
quand la harangue immole les cœurs

Mais que valent ces lendemains, drapées de
l’illusion fraternelle, le chœur éteint de l’intime
ahuri, devenu inconnu à soi-même, perdu ?

Rien
Rien que le silence n’aspire à confondre le
silence, pour entendre à nouveau la plaidoirie
patiente de nos destins retrouvés

Par défaut
Pulsations

Un rêve de sable

Deux siècles de toile blanche
ont porté le voile sur les amers lointains

Le temps a détesté cet endroit
l’oubli ou le silence
un aveu

L’été bleu
des matins trompés
indélicatesse des cœurs perdus

Sommeil superflu et vague lente
courbe et éphémère
illusoire

Se souvenir
écueil dérisoire des mots
pour dire les lendemains égarés

Ce rire au loin m’inspire et m’effraie
c’est le mien toujours
animé

Par défaut