Lumière et distance

Seuils horizon

J’ai usé les tableaux
Bruegel et Modigliani
La mort et sa roue
Le portrait d’une femme

Je regardais ce bout de couloir
ses icônes, fictions de l’enfance
La porte, le corridor,
l’antichambre d’un secret

L’ébauche d’une fable, fixée
aux traits des passions définitives
je les ai goûtées, douce impatience
Je les ai tant aimées depuis

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Lumière et distance

Rappelle-toi

Rappelle-toi nos serments
le sang qui coule dans les mots
les larmes que l’on voudrait éteindre

Rappelle-toi l’impatience
de nos mains qui s’ouvrent
aux lendemains confiants et secrets

Rappelle-toi le parfum de l’espoir
comme une aventure suspecte ?
Le regard enivré de liberté !

Rappelle-toi ton nom, tout le jour oublié
nos cœurs avides, vivant l’exil
mais toujours vivant !

Rappelle-toi le jour qui se lève
la brume comme une étreinte
désir insatiable de l’homme fier

Rappelle-toi le rêve que tu fis enfant
l’absurdité d’un songe …
qui ne le fut jamais vraiment !

Nous l’avons rêvé, rappelle-toi
oui, nous l’avons rêvé ! rappelle-toi !

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Lumière et distance

Un songe

Je trouve dans l’inconstance sereine des matins d’hier
Des fragments de mémoire interdits et secrets
Le tison noueux porté à l’âtre farouche
Qu’attise le temps des récits liminaires

Passager de l’épure
je bois des demi-lunes fabuleuses
J’étreins des horizons métalliques
Le regard alangui et capricieux

Attente
Or de mes nuits, douces

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