Lumière et distance

Et maintenant

Et maintenant il y a cet arbre
Qui ne me dit pas son nom
Dont les feuilles, les branches
Me donne à voir désintéressées
La danse des parfois
Complice du vent alangui
Dans la clameur safran du soir
Pour dire le détachement
L’inattendu
Pour dire ce que le regard invente
L’étendue des peut-être
Les clairs-obscurs d’une vie
L’espoir promis aux cimes
Le recueillement des racines

Et maintenant
L’arbre, le vent
La danse magnétique d’un instant
D’une éternité, irréductible
insécable

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Lumière et distance

Cet arbre là, au loin

Cet arbre là, au loin
Par-delà la fenêtre indolente
M’appelle
Sagesse de branches
Portées par le vent tiède du jour
Mouvement et langage, murmure

Vent, arbre, multitudes
Pantomime, volutes et arabesques
Vous m’êtes un apaisement
Pour combler la béance

Vent, arbre, multitudes
Songe alangui, bruissements
La tendresse et la beauté
Pour incarner la distance

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Ce matin encore

Ce matin encore
La vigne vierge s’égaille
Aux doux rayons du soleil

Chaque feuille en son langage
Ne dit rien
Que le bruissement du jour
En écho à l’envol des oiseaux
Que couve le regard tranquille
D’un maître rouge gorge

Ce matin encore
Le soleil dit le temps muet
De l’abandon aux jours

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Lumière et distance

Éveils

Je file mon désarroi dans le matin stupide
bientôt surpris par les neiges pourpres
que donne à ma vue un ciel de miel
animé par d’autres nuages

Cet instant infini, trop vite passé
laisse en mon âme enchantée
l’esprit d’une éternité furtive
la symphonie franche de l’aube

Je m’étonne alors de ce rire soudain
que porte à mes yeux l’aube vive
miroir des heures blêmes
esquisse des matins sereins

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