Lumière et distance

Psyché

Ce choix
Je sais devoir le faire depuis longtemps
Mais il est là désormais impatient
Qui épouse toutes les lassitudes de mon âme
Et me voilà de nouveau cet enfant
Face à lui-même incertain
Devant un miroir déformant
Au jour de l’éveil
Cependant je me souviens
Qu’au-delà des dissemblances
Il n’est de choix qui dise qui l’on est
Et alors tout me devient simple
Évident

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Lumière et distance

Vert variations

Par la fenêtre
La vigne vierge, l’érable
Tout n’est que variation de vert

Un vent léger invite les branches
Au ballet simple de ses impressions
Porté par le ramage de l’arbre
Le chant des matins de juillet
Qui dit l’eau et la lumière
L’être, l’oiseau, l’envol

Et je suis là, coupable et confiant
Qui cherche à me soustraire
À la pesanteur des hommes

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Le matin

Ce pourrait être cela
Le matin
Un-deux-trois-soleil
Pour dire l’éveil
L’allégresse, ses trésors
Le sourire de l’eau et la caresse d’une main
Lente, si lente
La candeur pour qui encore s’émerveille
Des politesses de l’aurore
Et puis
Se dire les langages du silence
Et puis
Apprendre à rêver, cela
Le matin

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Lumière et distance

Boulevard des brumes

Étrangement
La ville m’est un itinéraire solitaire
Une respiration qui s’affranchit du hasard
Pour me conduire vers ce que je suis

Un boulevard des brumes
Et le bonheur nécessaire de ses rues
Pour m’extraire patiemment
De l’effervescence inouïe du vide

Et c’est là ce qui m’effraie
Au-delà même de l’errance et de l’abandon
Être aveugle à moi-même
Sans amertume

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L’oubli

Ne crois pas que cela puisse advenir
L’oubli
Cela n’advient pas
C’est bien davantage en réalité
Une idée
Celle que tu te fais du temps qui s’abandonne
Distendu
Dans les plis de ta mémoire
Tes mémoires
La perception lente d’un aveu discret
Attendri
A soi-même répété

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