Lumière et distance

J’ai vu de la ville la nuit

J’ai vu de la ville la nuit les alcôves amantes
Tous les bas-reliefs épris du jeu des ombres
Les rues absentes sous le feu des réverbères
Abandonnées au pavé impavide de l’aube

Tous les petits musées des pas éperdus
Le pont, le fleuve de nos griefs sombres
Les ruelles obscures aux parfums interdits

Tous les quartiers incertains de nos envies
Les lunes furtives des carrefours malhabiles
Et le présage du jour à la terrasse des cafés

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Lumière et distance, Terminaisons amoureuses

Je me suis

Je me suis une pensée tempétueuse
Les mots gorgés de la grève
L’éclat sourd de l’oubli
Tumulte paisible du ressac ordinaire

Je vis d’étoiles blêmes, de solstices d’hiver
Les doigts gours dans la brume latente
Je pianote des solitudes rêveuses
Interludes à l’ennui vagabond

Et tu m’es là un destin de chaire
Dont je t’envie cette main
Sur la mienne posée, heureuse
L’étrave coupable, la mer innocente

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Lumière et distance

Lumière translation

S’inventer une présence
observer, s’abandonner
longtemps
à l’indicible matière
Là-bas un bosquet de feuillus
vert sur vert sur vert sur vert
la constance uniforme de l’ennui ?
Et puis le ravissement
espéré, inattendu, patient
Un éclat vermeil qui transfigure l’attente
et tout s’anime
Tout devient nuance, élégance des teintes
malachite, prasin, mélèze, lichen
et d’autres, tant d’autres
dans la lumière oblique d’un instant
si tôt passé
à jamais mémoire
unanime

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Lumière et distance

Lumière rhapsodie

Ce matin qui annonce l’automne
L’as-tu reconnu ?

Il émerge dans la torpeur assourdie
Des gris aphones du ciel
Tout dit là l’illusion monde l’inertie
Ondes et élans cillent lentement
Dans la paresse d’une pénombre
Que trompe l’aube capiteuse
Lueur perle de miel capricieuse
Qui émerveille le vide

Et tout
Dans le chant vermeil de la pluie
Redevient
Dans l’ultime abandon à l’été alangui
Lumière rhapsodie

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