Les heures ordinaires

Dans les replis de l’instant. 22h37

À la faveur de la nuit, hier
Le jardin s’est égayé du retour d’un hérisson

C’est toujours une surprise
Un hérisson
Le temps qui se replie sur lui même
Dans le grondement mat de sa présence
Il se trouvait là
Contraint par le petit portail bleu
Cherchant à s’aventurer plus avant
En quête de nourriture sans doute
Je lui ai donné de l’eau, l’observant un instant
Avant de le rendre à lui-même

Naturellement
Nous ne nous sommes rien dit
Mais j’ai appris, beaucoup
Un hérisson, l’eau, la nuit

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Dilemme chromatique. 14h10

Je ne suis pas sûr qu’ils soient de la même couleur
Je veux dire les volets peints en mauve de la maison d’en face
D’ailleurs ils sont plutôt parmes
Mais je me trompe peut-être
Je n’ai jamais été sûr pour les couleurs
En tout cas il me semble qu’il y a une différence de ton
Alors je regarde mes yeux dans la glace
Ils sont bleus
Mais est-ce le même bleu ?
J’hésite
Il me semble que oui
C’est une question de lumière sans doute
En tout cas ce sont mes yeux
Je les connais, ils m’ont déjà tout dit
Mais peut-être pas
Alors je me demande si j’aurais peint mes volets en violet
Ou en parme
C’est un choix difficile, trop nuancé
Ou pas assez
Mais peut-être non
En tout cas je ne l’aurais pas fait
Pas aujourd’hui, en tout cas

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Le bonjour du basilic. 7h32

Je n’ai pas particulièrement cherché de sujets légers
Bien qu’ayant pensé aux deux hérissons
Familiers des escapades nocturnes dans le jardin
Cette légèreté m’a cueilli par surprise
Ce matin
Alors que j’arrosais le basilic que je conserve dans ce petit pot
Sur l’évier de la cuisine
De façon tout à fait inattendue
J’ai été enveloppé de parfums
Qui m’ont plongés au cœur de l’été
Dans mon imaginaire, le basilic ouvre la porte de l’été
Je crois que j’ai souri intérieurement
Me laissant porter par cette politesse d’un instant
Promesse d’une belle journée
Je vous souhaite cette délicatesse de l’aube
Le salut du basilic

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