Fragments de l'homme mort

Je t’ai vu passer

Je t’ai vu passer
amante des muses fugaces
effarouchée
par l’urgence des herbes folles
seul sur mon banc de mille ans
le regard plus sûr que l’aube naissante

Je me suis rêvé les yeux couverts
de rosée sauvage
pour conjurer les larmes de mes automnes désœuvrés
épures errantes
de mes chimères sans âge
palimpseste vermeil d’un cœur trop souvent trompé

La poésie est morte, tu es partie
aimante
d’autres fantaisies au calice amer
d’une plume de sang
le cœur à moi
désœuvré

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Fragments de l'homme mort

Jeudi 24 février, à l’aube

A l’aube, la sidération, une déchirure
La chair et le sang
L’effroi, l’air saturé de l’angoisse
Un cri, figé

Dans les regards, l’ombre du matin trompé
Les larmes et la sueur
L’affliction, vertige de l’haleine du sépulcre
Faire face, flegmatique

L’espoir, ciel céruléen mâtiné de soleil
main ouverte, paume blessée
Honorer l’avenir
Fragile

La nuit ne joue pas avec la mort

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Fragments de l'homme mort

Me reviendras-tu ?

Ce jour quel est-il, j’ai tant cherché à l’oublier
Où tu n’as plus voulu que je te dérange
Le regard alangui, assise par-delà la raison
Dans cet ailleurs impénétrable à mon souvenir

Tu ne me réponds plus qu’à demi-mots éteints
Dans le désarroi de tes conjectures insensées
Moi l’hôte au miroir des jours en pleurs, vaincu

Il n’est que ton sourire dans les reflets du passé
Pour me dire que toi aussi parfois tu te souviens
Je t’étreins là, dans le cri désarmé de mon sang
Une seconde volée perle-houle-lueur à l’oubli

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