Fragments de l'homme mort

Outre-saison

Tout n’est que silence, immobilité
Saisons englouties par un ciel monotone
Bleu trop pâle, sans horizon
Le vent de lui-même s’est consumé
Hanté par l’embrasement muet de la poussière
Crépuscule fauve des appétits patients
Alors je pense à demain
Demain qui peut-être s’est tari
Emporté par mon rêve-bouteille
Qui s’étire sur un océan asséché de roches saillantes
Alors je regarde, havre de la nuit
Les étoiles
Pour réinventer un sens
Dans l’illusion de leur fixité
La seule que désormais je comprends

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Fragments de l'homme mort

icelui-là

Icelui-là assis sur un banc
Contemple à ses pieds
Un vilain morceau de papier
A peine jauni mais tant froissé
Tant défroissé aussi

De tout ce qui n’a pas été écrit
Ou trop écrit
La multitude, l’altérité
Le regard confiant dans l’instant qui vient
Trop épris

Les mots rayés
Les pages blanches, les nuits blanches
La candeur d’un soupçon
Arraché au monde
Fatalement sale

Tout ce qui n’a pas été écrit
Croire au mot qui vient
A jamais perdu
Fatalement
iseului-là

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Fragments de l'homme mort

Dimanche amer

J’ai écouté tes silences
Il m’ont dit
Que tu n’avais plus besoin de moi
Alors, je suis parti

Là-bas, en quête d’autres combinaisons
Qui m’emmènent plus loin dans mon rêve
Et apaiser l’absence
Ce souffle brûlant qui assiège mes poumons

Goûter l’aveu de l’indifférence
L’arbre, la symphonie des feuilles animées par le vent
L’âme suspendue, stalactites bleues
Qui égrainent mes dimanches endormis

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Un hiver

Les jours sont ici de fables déjà lues
dunes vides
où les sphinx sondent
l’attente livide des hommes bleus

Le sable
ne répond plus
aux chuchotements de l’eau
le vent des heures parmes s’est tu

Il n’est que l’onde d’une larme
pour égayer la nuit de son triste sourire
et dire
la bibliothèque nue de l’oubli

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