Je suis une feuille de thé
Ou plutôt non, ce n’est pas exactement cela
Je suis plutôt l’idée d’une feuille de thé
Non finalement non, nous n’y sommes pas
Je suis voilà ! mon idée d’une feuille de thé
Oui, c’est bien davantage cela
En un mot, dans une feuille de thé
Je suis moi
Archives de Catégorie: Fantaisies
Les hommes à ressort
Ainsi pensèrent les hommes à ressort
qui en quête d’apophtegmes simplificateurs
érigèrent comptables l’urgence en théorème
pour désapprendre à penser la suite d’après
L’après d’après quoi, nul n’aurait su le dire, mais
c’était là un préalable nécessairement utile
comprenez bien, pour inventer les mots creux
propres à corrompre la vacuité du silence
Ce fut là de l’avis d’aucun une avancée insensée
dont chacun se félicita par défaut d’opinion
du moins quoiqu’il en fut, en jugea t-on ainsi
tant que les hommes à ressort étaient confiants
Seule la pendule pensait
L’été est si triste dans la norme des jours
pour qui perd le sens de l’indéfini dans l’instant à paraître
Petite goutte d’eau
Tombe, tombe
petite goutte d’eau
Ah l’heureux présage, pour éviter l’orage
de chatoyantes nuées qui vont tout inonder
Mille excuses, messieurs !
Hou hou
petite goutte d’eau
Le hibou de suite t’aperçoit, qui crie son émoi
De te voir si frêle, il te prête content ses ailes
pour t’éviter la chute…
Flip flap
petite goutte d’eau
Te voilà donc atterrie, contre tout ennui
sur les omoplates d’une coccinelle, sitôt écarlate
En bonne cavalière
Tombe tombe
petite goutte d’eau
Et résonne soudaine dans le chant de la plaine
la comptine des enfants et leurs jeux innocents
Les pieds dans les flaques !
Le poète inachevé
Longtemps j’ai aligné des vers
comme on aligne des soldats de plomb
général d’une métrique austère
qui n’a de belle que la prétention
Je n’étais que celui-là
passager
des recoins inaudibles
les mains brisées par la glace
interdites
aux futaies d’opale
Tu…………. là
………….es……………….. étonnement
………la…………..brume
…………épaisse de mon recueillement
éphémère
Tu…. es …. là
Espièglerie poétique, ou l’histoire du chat qui s’était caché dans une strophe
Le voilà qui feule et m’apostrophe !
Mais qui puis-je, point de chat dans mes vers
C’est écrit, les félins comptent pour rien …
autant que l’abîme rime avec le sublime