Echos

Jeu d’enfant

Dans les confins du monde
au fond du jardin
l’enfant s’invente des fables de fin d’été
gaieté de mûres
et badinage de figues
les lèvres et les joues grenadines

Et quand vient le soir
par la fenêtre entrebâillée
il se parle
et rit
et rit encore
toute une nuit

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Là-bas cependant

Il est en ce lieu un comble
Arraché au silence corrompu de l’abandon
La ruine des jours sombres
Confiée à la mémoire de ceux qui ont fui
Mais tous ont oublié
La candeur de l’albâtre et le verre poli

Là-bas cependant
Tu entendras
La prière absurde du mélèze
Le chant taciturne du hibou
Pour dire la patience des cœurs éperdus

Là-bas cependant
Tu entendras
Le chant du bois l’âme grise
Les veines incandescentes de l’aube
Qui déchirent les brumes de l’ennui

Là-bas cependant
Tu comprendras
Le sourire de la pluie l’âtre chancelant
De toutes nos vies l’éveil
Le murmure fragile suspendu

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Le rouge-gorge

Il sautille, virevolte
Le vol gracile de l’indifférence feinte
Porté par le vent serein

Dans l’instant de lui choisi il me fixe
De son œil noir, profond
Les manières curieuses du maître des lieux

Et voilà bien ce qui m’étonne
Être ainsi toléré en son jardin
Quand j’imagine que c’est le mien

Mais de cela certainement il se moque
Trop occupé des choses de l’air
Les seules qui lui soient sérieuses

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Vision éphémère

Au sol
un saule ratisse
dans la brise légère
des perles de mémoire vague

Derrière
un chêne séculaire
découpe dans un éclat de lune pleine
des fantasmagories de branches nues

En haut
un nid hardi
s’invente patient
dans le recueil des heures vernales

Au loin
un héron boit à la source
et le tonnerre roule des ombres à la nuit

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L’abandon au printemps

Tu m’es nuit
l’indolence de mars
le silence et la raison indécise

L’attente assoupie
au berceau des Charmilles amoureuses
la rosée frémissante

Je serai celui-là
l’oiseau qui prélude au lever de l’astre
le parfum du jour
dans le pépiement de l’aube

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