Lumière et distance

Lumière rhapsodie

Ce matin qui annonce l’automne
L’as-tu reconnu ?

Il émerge dans la torpeur assourdie
Des gris aphones du ciel
Tout dit là l’illusion monde l’inertie
Ondes et élans cillent lentement
Dans la paresse d’une pénombre
Que trompe l’aube capiteuse
Lueur perle de miel capricieuse
Qui émerveille le vide

Et tout
Dans le chant vermeil de la pluie
Redevient
Dans l’ultime abandon à l’été alangui
Lumière rhapsodie

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Lumière et distance

Psyché

Ce choix
Je sais devoir le faire depuis longtemps
Mais il est là désormais impatient
Qui épouse toutes les lassitudes de mon âme
Et me voilà de nouveau cet enfant
Face à lui-même incertain
Devant un miroir déformant
Au jour de l’éveil
Cependant je me souviens
Qu’au-delà des dissemblances
Il n’est de choix qui dise qui l’on est
Et alors tout me devient simple
Évident

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Fantaisies

Le Musée des vies d’art qui n’ont pas eu lieu


Ce matin
Je suis allé visiter le Musée des vies d’art qui n’ont pas eu lieu
C’est un endroit fabuleux
Avec ses collections d’artistes
On s’y sent bien
Chacun dans son art est talentueux
C’est manifeste et mémorable
Mais aucun n’a su donner à sa vie
Ce geste artistique qui le rend original
Accompli
Alors ils se sont rassemblés ici
Incomplets
A la recherche de…, de quoi d’ailleurs ?
Mais c’est trop tard, ce n’est plus le moment
Et ils le savent bien
Mais tout de même ils conjecturent
Un moyen
Ça les occupe, un peu, et puis
Ils rêvent
De ce moyen, ce moyen qui existe
Mais qui a dû leur échapper
Et pourtant ils sont là
Originaux et accomplis
Dans le Musée des vies d’art qui n’ont pas eu lieu

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Pulsations

L’assassin

Tu dis
Là est un corps perdu pour la vie
L’aube sur le lac et le vol des mésanges
Étendu, inerte le flanc transpercé
Par la querelle de tous les jours

Tu dis
Cet homme n’a jamais été un homme
Le cœur vil épris d’un soupçon
La main glaciale vite honteuse
Et tu as raison

Tu dis
Je ne sais plus qui je suis
Je ne sais plus pleurer
Dans les brumes de toi la première fois
Depuis longtemps tu t’es enfuie

Tu dis
Peut-être
Tu dis partir
Mais de vous deux tu sais
Qui est l’assassin d’une vie

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