Rivages

Promenade

Je devine l’océan dans l’horizon lointain
Là où la ligne des nuages cède aux gris profonds
Les murmures de l’écume et son langage des hauts-fonds

Le vent d’ouest me console de l’intolérable distance
Chargé d’iode à l’heureuse mémoire des parfums de l’été
Pour m’égayer un peu des rives amères du Léthé

Ainsi vais-je le cœur serein dans la pénombre
goutant la nuit dans la caresse infaillible du sable
L’enfance pour présage, en égide aux ténèbres haïssables

Mon âme se trouve là, à la confluence des mondes
Dans les traces de l’homme sincère confident de la grève
A l’écoute des tumultes du temps et du rivage des rêves

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Fragments de l'homme mort

L’ombre des pins dunaires

Parce que j’ai inventé
enfant, les vies interdites
de mille hommes à venir

Parce que j’ai goûté
le bonheur simple des lucioles
à l’éveil de l’astre

Parce que j’ai souffert
les larmes arides d’une main
arrachée à son âme

Parce que j’ai aimé
le langage vacillant d’un cœur
en offrande à l’orage

Parce que j’ai saisi
les lignes d’une intelligence rieuse
dans la migration des nuages

Je me reconnais multitudes dans les rêveries de l’exil
sous des océans transpercés de lumière
Invité humble et farouche des franges éphémères
de l’émerveillement

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Terminaisons amoureuses

Demain peut-être

Les mots perdus que je n’ai pas su dire
figés dans l’instant animé d’un regard
coïncidence avisée de nos mondes mêlés
seconde sublime à l’éternité offusquée

Te savoir là demain, demain peut-être
deviser avec moi-même et apprivoiser
une raison avide, vide, affolée, épuisée
pour te dire les mots qui n’existent pas

Saurais-je les mots pour te dire demain
Nos âmes plumes dans l’herbe folle
le songe de l’eau pour naître au monde
la danse du vent pour habiter ton sourire

Demain peut-être, je saurais ces mots superflus
superflus peut-être

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