Lumière et distance

Ce matin encore

Ce matin encore
La vigne vierge s’égaille
Aux doux rayons du soleil

Chaque feuille en son langage
Ne dit rien
Que le bruissement du jour
En écho à l’envol des oiseaux
Que couve le regard tranquille
D’un maître rouge gorge

Ce matin encore
Le soleil dit le temps muet
De l’abandon aux jours

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Terminaisons amoureuses

Quand la rose a parlé

Être à soi
L’âme au vent qui peint pour les yeux attentifs
Des paysages de champs de blé
Et de frondaisons

Être à soi
Le chant diaphane du crépuscule
L’éternité sauvage
D’un ciel de flammes, safran et terre de Sienne

Être à soi
Une itinérance de mots Poussière
Péchés dans les multitudes de la nuit
Quand les hautes herbes épousent l’horizon

Être à soi
Ce baiser qui dit l’instant et l’orage qui vient
Les étendues fébriles de la lune intervalle
Quand la rose a parlé

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Fragments de l'homme mort

icelui-là

Icelui-là assis sur un banc
Contemple à ses pieds
Un vilain morceau de papier
A peine jauni mais tant froissé
Tant défroissé aussi

De tout ce qui n’a pas été écrit
Ou trop écrit
La multitude, l’altérité
Le regard confiant dans l’instant qui vient
Trop épris

Les mots rayés
Les pages blanches, les nuits blanches
La candeur d’un soupçon
Arraché au monde
Fatalement sale

Tout ce qui n’a pas été écrit
Croire au mot qui vient
A jamais perdu
Fatalement
iseului-là

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Fragments de l'homme mort

Dimanche amer

J’ai écouté tes silences
Il m’ont dit
Que tu n’avais plus besoin de moi
Alors, je suis parti

Là-bas, en quête d’autres combinaisons
Qui m’emmènent plus loin dans mon rêve
Et apaiser l’absence
Ce souffle brûlant qui assiège mes poumons

Goûter l’aveu de l’indifférence
L’arbre, la symphonie des feuilles animées par le vent
L’âme suspendue, stalactites bleues
Qui égrainent mes dimanches endormis

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Terminaisons amoureuses

L’aube

Marcher dans l’herbe
encore fraîche des larmes de la nuit
Et ouvrir son cœur
aux pépiements de l’oiseau

Je t’ai reconnue

Dans l’embrasement d’une étoile
aux parfums de racines
L’aube, immortelle
Les fragments vermillon du jour
Pour dire
L’éloquence de nos matins cinabres

C’était il y a bien longtemps
Ou peut-être pas
Quand était-ce déjà
L’aube, l’oiseau, le soleil
Tous nos matins, recommencés

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