Le silence
Rêveur
L’étrave, la lumière du soir
Glissent sur la brume
Et donnent au rivage des sourires d’alcôve
Las l’épave
L’errance impavide
Tu es là soudaine
Si vraiment là
Un miroir aux teintes sauvages
Du lin et des myosotis
Qui tapissent la grève
Et je danse les heures
Archives d’Auteur: weltag
L’oiseau
L’oiseau
Dans cette cage
Soupire ses chants de l’été
Paysages lointains
Joliesses de rameaux amis du vent
Mais tu le regardes avec amour
Et son chant se fait lent
Ailleurs, confins
L’oiseau, la cage, l’arbre
Février
Dans les trilles du givre
L’au-delà ressuscité
J’ai vu de la ville la nuit
J’ai vu de la ville la nuit les alcôves amantes
Tous les bas-reliefs épris du jeu des ombres
Les rues absentes sous le feu des réverbères
Abandonnées au pavé impavide de l’aube
Tous les petits musées des pas éperdus
Le pont, le fleuve de nos griefs sombres
Les ruelles obscures aux parfums interdits
Tous les quartiers incertains de nos envies
Les lunes furtives des carrefours malhabiles
Et le présage du jour à la terrasse des cafés
Je me suis
Je me suis une pensée tempétueuse
Les mots gorgés de la grève
L’éclat sourd de l’oubli
Tumulte paisible du ressac ordinaire
Je vis d’étoiles blêmes, de solstices d’hiver
Les doigts gours dans la brume latente
Je pianote des solitudes rêveuses
Interludes à l’ennui vagabond
Et tu m’es là un destin de chaire
Dont je t’envie cette main
Sur la mienne posée, heureuse
L’étrave coupable, la mer innocente
Janvier des dunes
J’avance éclat de gypse
Pleuré par l’azur
Le pas gorgé de sel et de résine
Ne croyez pas devoir me répondre
Je ne suis plus là
Je vis dans les pensées
D’un criquet mélomane
Les oscillations d’un épi de blé
A la commissure des lèvres
