Les jours s’écoulent
Dans la torpeur d’octobre
Fleuve patient
Deux jeunes moineaux
Chiffonnent des brindilles
En quête d’un nid
Les jours s’écoulent
Dans la torpeur d’octobre
Fleuve patient
Deux jeunes moineaux
Chiffonnent des brindilles
En quête d’un nid
Tout n’est que silence, immobilité
Saisons englouties par un ciel monotone
Bleu trop pâle, sans horizon
Le vent de lui-même s’est consumé
Hanté par l’embrasement muet de la poussière
Crépuscule fauve des appétits patients
Alors je pense à demain
Demain qui peut-être s’est tari
Emporté par mon rêve-bouteille
Qui s’étire sur un océan asséché de roches saillantes
Alors je regarde, havre de la nuit
Les étoiles
Pour réinventer un sens
Dans l’illusion de leur fixité
La seule que désormais je comprends
Feux et brasiers
Cauchemar hurlant du bois
De l’outre-saison
À la faveur de la nuit, hier
Le jardin s’est égayé du retour d’un hérisson
C’est toujours une surprise
Un hérisson
Le temps qui se replie sur lui même
Dans le grondement mat de sa présence
Il se trouvait là
Contraint par le petit portail bleu
Cherchant à s’aventurer plus avant
En quête de nourriture sans doute
Je lui ai donné de l’eau, l’observant un instant
Avant de le rendre à lui-même
Naturellement
Nous ne nous sommes rien dit
Mais j’ai appris, beaucoup
Un hérisson, l’eau, la nuit