Echos

Jeu d’enfant

Dans les confins du monde
au fond du jardin
l’enfant s’invente des fables de fin d’été
gaieté de mûres
et badinage de figues
les lèvres et les joues grenadines

Et quand vient le soir
par la fenêtre entrebâillée
il se parle
et rit
et rit encore
toute une nuit

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Lumière et distance

Lumière translation

S’inventer une présence
observer, s’abandonner
longtemps
à l’indicible matière
Là-bas un bosquet de feuillus
vert sur vert sur vert sur vert
la constance uniforme de l’ennui ?
Et puis le ravissement
espéré, inattendu, patient
Un éclat vermeil qui transfigure l’attente
et tout s’anime
Tout devient nuance, élégance des teintes
malachite, prasin, mélèze, lichen
et d’autres, tant d’autres
dans la lumière oblique d’un instant
si tôt passé
à jamais mémoire
unanime

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Lumière et distance

Lumière rhapsodie

Ce matin qui annonce l’automne
L’as-tu reconnu ?

Il émerge dans la torpeur assourdie
Des gris aphones du ciel
Tout dit là l’illusion monde l’inertie
Ondes et élans cillent lentement
Dans la paresse d’une pénombre
Que trompe l’aube capiteuse
Lueur perle de miel capricieuse
Qui émerveille le vide

Et tout
Dans le chant vermeil de la pluie
Redevient
Dans l’ultime abandon à l’été alangui
Lumière rhapsodie

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Lumière et distance

Psyché

Ce choix
Je sais devoir le faire depuis longtemps
Mais il est là désormais impatient
Qui épouse toutes les lassitudes de mon âme
Et me voilà de nouveau cet enfant
Face à lui-même incertain
Devant un miroir déformant
Au jour de l’éveil
Cependant je me souviens
Qu’au-delà des dissemblances
Il n’est de choix qui dise qui l’on est
Et alors tout me devient simple
Évident

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