Lumière et distance

Cet arbre là, au loin

Cet arbre là, au loin
Par-delà la fenêtre indolente
M’appelle
Sagesse de branches
Portées par le vent tiède du jour
Mouvement et langage, murmure

Vent, arbre, multitudes
Pantomime, volutes et arabesques
Vous m’êtes un apaisement
Pour combler la béance

Vent, arbre, multitudes
Songe alangui, bruissements
La tendresse et la beauté
Pour incarner la distance

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Rivages

Ici

Ici, sur la grève magnétique
Je me suis vu l’océan mourir
Dans l’appel lointain des peuples de l’eau

Mais ce n’était pas moi

Lumière, que vois-tu qui m’est inaccessible
Lumière, tu ne vois pas

Regarder l’océan mourir
Et se dire, se dire être
Être
Quelque chose d’une dilution dans l’infini

Indicible lumière, peut-être
Et l’océan

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Lumière et distance

Ce matin encore

Ce matin encore
La vigne vierge s’égaille
Aux doux rayons du soleil

Chaque feuille en son langage
Ne dit rien
Que le bruissement du jour
En écho à l’envol des oiseaux
Que couve le regard tranquille
D’un maître rouge gorge

Ce matin encore
Le soleil dit le temps muet
De l’abandon aux jours

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Terminaisons amoureuses

Quand la rose a parlé

Être à soi
L’âme au vent qui peint pour les yeux attentifs
Des paysages de champs de blé
Et de frondaisons

Être à soi
Le chant diaphane du crépuscule
L’éternité sauvage
D’un ciel de flammes, safran et terre de Sienne

Être à soi
Une itinérance de mots Poussière
Péchés dans les multitudes de la nuit
Quand les hautes herbes épousent l’horizon

Être à soi
Ce baiser qui dit l’instant et l’orage qui vient
Les étendues fébriles de la lune intervalle
Quand la rose a parlé

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