Lumière et distance

L’oubli

Ne crois pas que cela puisse advenir
L’oubli
Cela n’advient pas
C’est bien davantage en réalité
Une idée
Celle que tu te fais du temps qui s’abandonne
Distendu
Dans les plis de ta mémoire
Tes mémoires
La perception lente d’un aveu discret
Attendri
A soi-même répété

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Lumière et distance

Et maintenant

Et maintenant il y a cet arbre
Qui ne me dit pas son nom
Dont les feuilles, les branches
Me donne à voir désintéressées
La danse des parfois
Complice du vent alangui
Dans la clameur safran du soir
Pour dire le détachement
L’inattendu
Pour dire ce que le regard invente
L’étendue des peut-être
Les clairs-obscurs d’une vie
L’espoir promis aux cimes
Le recueillement des racines

Et maintenant
L’arbre, le vent
La danse magnétique d’un instant
D’une éternité, irréductible
insécable

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Les heures ordinaires

Le bonjour du basilic. 7h32

Je n’ai pas particulièrement cherché de sujets légers
Bien qu’ayant pensé aux deux hérissons
Familiers des escapades nocturnes dans le jardin
Cette légèreté m’a cueilli par surprise
Ce matin
Alors que j’arrosais le basilic que je conserve dans ce petit pot
Sur l’évier de la cuisine
De façon tout à fait inattendue
J’ai été enveloppé de parfums
Qui m’ont plongés au cœur de l’été
Dans mon imaginaire, le basilic ouvre la porte de l’été
Je crois que j’ai souri intérieurement
Me laissant porter par cette politesse d’un instant
Promesse d’une belle journée
Je vous souhaite cette délicatesse de l’aube
Le salut du basilic

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Rivages

Vagues

Vagues vous m’êtes
Une éternité indifférente à l’horizon
Portées par la noria
Des jours réguliers et chancelants

Multitudes patientes
Vous vous égaillez fragiles sur la grève
Arrachées à la trêve liquide
De la lune opaline


Vous gisez éphémères
Sous votre linceul d’écume amère
Le sable de l’oubli des terres océanes

Vagues vous m’êtes
l’azur à l’étendue incertaine
Le cœur et l’avenir
De l’enfant nu qui regarde l’océan

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