Lumière et distance

Vert variations

Par la fenêtre
La vigne vierge, l’érable
Tout n’est que variation de vert

Un vent léger invite les branches
Au ballet simple de ses impressions
Porté par le ramage de l’arbre
Le chant des matins de juillet
Qui dit l’eau et la lumière
L’être, l’oiseau, l’envol

Et je suis là, coupable et confiant
Qui cherche à me soustraire
À la pesanteur des hommes

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Rivages

Mémoire des brisants

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Écueil de l’abysse
S’étire le printemps

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Perle sur la nuit
Le baiser des bruines amantes

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Éther de l’écume
Les tourbillons de l’envol

Vent, vague, houle
Mars, mémoire des brisants
Ruisselle sur ma peau
Le sel des jours bleu céladon

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Echos

Le rouge-gorge

Il sautille, virevolte
Le vol gracile de l’indifférence feinte
Porté par le vent serein

Dans l’instant de lui choisi il me fixe
De son œil noir, profond
Les manières curieuses du maître des lieux

Et voilà bien ce qui m’étonne
Être ainsi toléré en son jardin
Quand j’imagine que c’est le mien

Mais de cela certainement il se moque
Trop occupé des choses de l’air
Les seules qui lui soient sérieuses

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Les heures ordinaires

Dilemme chromatique. 14h10

Je ne suis pas sûr qu’ils soient de la même couleur
Je veux dire les volets peints en mauve de la maison d’en face
D’ailleurs ils sont plutôt parmes
Mais je me trompe peut-être
Je n’ai jamais été sûr pour les couleurs
En tout cas il me semble qu’il y a une différence de ton
Alors je regarde mes yeux dans la glace
Ils sont bleus
Mais est-ce le même bleu ?
J’hésite
Il me semble que oui
C’est une question de lumière sans doute
En tout cas ce sont mes yeux
Je les connais, ils m’ont déjà tout dit
Mais peut-être pas
Alors je me demande si j’aurais peint mes volets en violet
Ou en parme
C’est un choix difficile, trop nuancé
Ou pas assez
Mais peut-être non
En tout cas je ne l’aurais pas fait
Pas aujourd’hui, en tout cas

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