Rivages

Un château de sable

Nos lumières d’août
Les cristaux rosissants qui tapissent la grève
Rêves de sel
Qui virevoltent dans le vent tournant
De nos mémoires incandescentes
La pureté chromatique de l’abandon
Épris des vagues soudaines
L’éclat irisé des cris de l’enfance
Gagnée par le feu séculaire de l’eau
S’attarder
Dans la nonchalance océane
L’entre deux âges
De nos vies de sable chancelantes
L’écho profond de l’été

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Terminaisons amoureuses

Hier moins une minute

Il se peut qu’un jour nous ayons eu vingt ans
L’âge des vastes hésitations
L’ailleurs pour raison brûlante
Quand nous nous connaissions possibles

D’un quai à l’autre la foule incommodante
Des passagers du jour… et de la nuit
Les trains à l’unisson, bientôt partis
Dans le crépitement des horloges impassibles

Les matins de jaspe à l’insouciance effrontée
Poèmes irréels ton rire pour direction
Toutes nos certitudes inachevées
Dans ce train qui s’émeut, nos vingt ans

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Rivages

Un rêve #1 / #2

Par-delà la nuit
l’indéfini sommaire
nos pas contingents qui défient l’abyme
Une ténuité
de nattes de jonc de mer
en suspens sur les flots noirs
pour dire
tant d’existences
dans l’idée de l’envol

Par-delà la nuit
le souffle alangui des dunes
dans la moiteur crépusculaire de mai
Le vent qui chuchote
doigts légers
la promesse de la houle
pour dire
les étoiles attentives
à l’étreinte

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Pulsations

L’arbre

Horizon vernal
Entrelacs de branches vides
L’ailleurs de l’arbre transfigure sa douleur
Pays de vent et d’ambre
Où la mémoire de l’eau
Survit dans la courbure des dunes

L’azur rythme de son immobilité profonde
Sa scansion intime, heures ocres
La source s’est tarie
Camaïeu-ombre, interdit
Poussières de latérite
L’arbre meurt

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