Echos

L’apaisement

Tu ouvres les yeux et cela te détruit
encre foudroyée, latérite
le sang qui hurle son absurdité
là-bas

Tu l’imagines ainsi, aussi loin que le jour
le magma des ombres,
l’échine trouble des corps absentés
vain

Alors
ta main
mutine
enfante les multitudes
balsamiques dans les replis de l’onde
qui s’affranchissent de la distance
et corrompent les cris de la nuit

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Lumière et distance

Éveils

Je file mon désarroi dans le matin stupide
bientôt surpris par les neiges pourpres
que donne à ma vue un ciel de miel
animé par d’autres nuages

Cet instant infini, trop vite passé
laisse en mon âme enchantée
l’esprit d’une éternité furtive
la symphonie franche de l’aube

Je m’étonne alors de ce rire soudain
que porte à mes yeux l’aube vive
miroir des heures blêmes
esquisse des matins sereins

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Fragments de l'homme mort

Je t’ai vu passer

Je t’ai vu passer
amante des muses fugaces
effarouchée
par l’urgence des herbes folles
seul sur mon banc de mille ans
le regard plus sûr que l’aube naissante

Je me suis rêvé les yeux couverts
de rosée sauvage
pour conjurer les larmes de mes automnes désœuvrés
épures errantes
de mes chimères sans âge
palimpseste vermeil d’un cœur trop souvent trompé

La poésie est morte, tu es partie
aimante
d’autres fantaisies au calice amer
d’une plume de sang
le cœur à moi
désœuvré

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