Tout ici
n’est qu’eau saumâtre
perdue
dans les racines noueuses
cicatrices nues
du paysage délaissé
Il n’est
que le chant lugubre
de la vase
pour dire l’agonie
le silence
de la terre sous les ongles
Les oiseaux
depuis longtemps
ici
ne rêvent plus
Tout ici
n’est qu’eau saumâtre
perdue
dans les racines noueuses
cicatrices nues
du paysage délaissé
Il n’est
que le chant lugubre
de la vase
pour dire l’agonie
le silence
de la terre sous les ongles
Les oiseaux
depuis longtemps
ici
ne rêvent plus
Je devine l’océan dans l’horizon lointain
Là où la ligne des nuages cède aux gris profonds
Les murmures de l’écume et son langage des hauts-fonds
Le vent d’ouest me console de l’intolérable distance
Chargé d’iode à l’heureuse mémoire des parfums de l’été
Pour m’égayer un peu des rives amères du Léthé
Ainsi vais-je le cœur serein dans la pénombre
goutant la nuit dans la caresse infaillible du sable
L’enfance pour présage, en égide aux ténèbres haïssables
Mon âme se trouve là, à la confluence des mondes
Dans les traces de l’homme sincère confident de la grève
A l’écoute des tumultes du temps et du rivage des rêves