Terminaisons amoureuses

Terminaisons amoureuses

Dans un tressaillement
l’émotion de l’aurore
notre peau qui se reconnaît
se sourit

Dans l’agitation
de tes lèvres un murmure
la caresse de l’air
chérubin

Dans la pression de nos corps
retrouvés
la gravité, la légèreté
l’écho palpitant de la source

Entrevoir les amours mauves
à jamais entrelacs incertains
l’éclat de nos ombres
l’une à l’autre mêlées

Indulgence de l’abandon
vagues

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Lumière et distance

Marginalia

Qui nous aura appris
la marge
pour dire le sens caché
de nos intuitions inachevées

Tu es là, confidente
abandonnée
dans le vif allègre
d’un sursaut de l’âme

Messagère gracile
de l’oubli
de l’étonnement
des corrélations vagabondes

Muse amie aux entrelacs
savants
tu alanguis dans un murmure
les insomnies passagères

Marge
qui oubliera tes lignes
et ses détours
subtils et certains

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Fantaisies

Les hommes à ressort

Ainsi pensèrent les hommes à ressort
qui en quête d’apophtegmes simplificateurs
érigèrent comptables l’urgence en théorème
pour désapprendre à penser la suite d’après

L’après d’après quoi, nul n’aurait su le dire, mais
c’était là un préalable nécessairement utile
comprenez bien, pour inventer les mots creux
propres à corrompre la vacuité du silence

Ce fut là de l’avis d’aucun une avancée insensée
dont chacun se félicita par défaut d’opinion
du moins quoiqu’il en fut, en jugea t-on ainsi
tant que les hommes à ressort étaient confiants

Seule la pendule pensait
L’été est si triste dans la norme des jours
pour qui perd le sens de l’indéfini dans l’instant à paraître

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Rivages

Mouette

Que vois-tu, Mouette
toi qui là-bas solitaire sur ton rocher
apprends à qui veut te plaire
la patience

Quel est ton horizon
toi qui gracile dans l’envol soudain
converses avec le vent rieur
l’étreinte

Quelle est ta raison
toi qui muse des parages lointains
épouses dans la course de ton aile
les murmures

Me diras-tu un jour ce secret
à nous deux lié
Moi qui vis dans ton sillage
l’abandon

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