Fragments de l'homme mort

Jeudi 24 février, à l’aube

A l’aube, la sidération, une déchirure
La chair et le sang
L’effroi, l’air saturé de l’angoisse
Un cri, figé

Dans les regards, l’ombre du matin trompé
Les larmes et la sueur
L’affliction, vertige de l’haleine du sépulcre
Faire face, flegmatique

L’espoir, ciel céruléen mâtiné de soleil
main ouverte, paume blessée
Honorer l’avenir
Fragile

La nuit ne joue pas avec la mort

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Fragments de l'homme mort

Me reviendras-tu ?

Ce jour quel est-il, j’ai tant cherché à l’oublier
Où tu n’as plus voulu que je te dérange
Le regard alangui, assise par-delà la raison
Dans cet ailleurs impénétrable à mon souvenir

Tu ne me réponds plus qu’à demi-mots éteints
Dans le désarroi de tes conjectures insensées
Moi l’hôte au miroir des jours en pleurs, vaincu

Il n’est que ton sourire dans les reflets du passé
Pour me dire que toi aussi parfois tu te souviens
Je t’étreins là, dans le cri désarmé de mon sang
Une seconde volée perle-houle-lueur à l’oubli

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Fragments de l'homme mort

La pêche aux mûres

Par les sentes de traverse sablonneuses
la main d’une mère, les épaules d’un père
à l’heure des ronciers sauvages, l’iode
premiers soleils candides de septembre

Les enfants s’égaillent enfants, soudains
dans l’effervescence de leur cueillaison
les lèvres étourdies de sucs amarantes

Ils se jouent les doigts aventureux
du caprice enchevêtré des épines
pour la promesse d’épiques confitures
aux saveurs de fables rocambolesques

Au loin, dans la clairvoyance de ses embruns
la mer console le point du jour embarrassé
qui s’étend nuée pourpre, comme à regret

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