Tombe, tombe
petite goutte d’eau
Ah l’heureux présage, pour éviter l’orage
de chatoyantes nuées qui vont tout inonder
Mille excuses, messieurs !
Hou hou
petite goutte d’eau
Le hibou de suite t’aperçoit, qui crie son émoi
De te voir si frêle, il te prête content ses ailes
pour t’éviter la chute…
Flip flap
petite goutte d’eau
Te voilà donc atterrie, contre tout ennui
sur les omoplates d’une coccinelle, sitôt écarlate
En bonne cavalière
Tombe tombe
petite goutte d’eau
Et résonne soudaine dans le chant de la plaine
la comptine des enfants et leurs jeux innocents
Les pieds dans les flaques !
Archives Mensuelles: janvier 2022
Harmoniques du cœur
S’étendre un instant
là
dans l’entre rivage de nos vies d’écume
Le souffle emmêlé
nu
dans l’imminence d’être à soi partagé
Le regard transporté
si loin
ravi par le galbe innocent des dunes
S’inventer absent
toi
et moi unanimes dans l’inflexion des jours
Soupirs de l’hiver
La plage, las d’écrire
sa solitude
dans le ressac des vagues
Compte les heures
funambules
persévérance de la froidure
Dans l’attente des pas majuscules
de l’oiseau
et du pépiement de l’aube
Vogue le vent, l’air limpide et indolent
Soupirs de l’hiver
Autopoïèse
J’ai respiré les fleurs
le soleil et la froidure
les murmures lacustres
Les vents, blancs
J’ai respiré l’amertume
la couleur de l’errance
l’absence et l’abandon
Les parfums, sourds
J’ai respiré les sourires
l’inconnu de tes bras
les baisers humides
L’étendue, être deux
J’ai respiré une seconde
les brasiers du jour
l’océan vivant
Et la nuit
La confession de l’hiver
Par delà les brumes hyalines et suffocantes
je devine les soleils diaphanes de décembre
la torpeur du vide, espace amer de l’indéfini
La lumière m’étourdit de ses baisers de givre
mélancolie blanche de l’absence des nuages
Le ciel, impavide, est du bleu de l’attente
Tout semble ici n’être que saisissement,
figé dans le langage dépouillé des arbres
entrelacs sauvages des branches mises à nu
La nuit patiente dans l’étendue de sa substance
compagne impartiale des songes du promeneur
L’hiver s’écrit dans le ruissellement des étoiles
Et mon être vit là, dans la conversation du feu
à l’écoute du serpentement sucré des flammes
en quête de sagesse dans la volupté de l’âtre