Fantaisies

Petite goutte d’eau

Tombe, tombe
petite goutte d’eau
Ah l’heureux présage, pour éviter l’orage
de chatoyantes nuées qui vont tout inonder
Mille excuses, messieurs !

Hou hou
petite goutte d’eau
Le hibou de suite t’aperçoit, qui crie son émoi
De te voir si frêle, il te prête content ses ailes
pour t’éviter la chute…

Flip flap
petite goutte d’eau
Te voilà donc atterrie, contre tout ennui
sur les omoplates d’une coccinelle, sitôt écarlate
En bonne cavalière

Tombe tombe
petite goutte d’eau
Et résonne soudaine dans le chant de la plaine
la comptine des enfants et leurs jeux innocents
Les pieds dans les flaques !

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Lumière et distance

Autopoïèse

J’ai respiré les fleurs
le soleil et la froidure
les murmures lacustres

Les vents, blancs

J’ai respiré l’amertume
la couleur de l’errance
l’absence et l’abandon

Les parfums, sourds

J’ai respiré les sourires
l’inconnu de tes bras
les baisers humides

L’étendue, être deux

J’ai respiré une seconde
les brasiers du jour
l’océan vivant

Et la nuit

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Fragments de l'homme mort

La confession de l’hiver

Par delà les brumes hyalines et suffocantes
je devine les soleils diaphanes de décembre
la torpeur du vide, espace amer de l’indéfini

La lumière m’étourdit de ses baisers de givre
mélancolie blanche de l’absence des nuages
Le ciel, impavide, est du bleu de l’attente

Tout semble ici n’être que saisissement,
figé dans le langage dépouillé des arbres
entrelacs sauvages des branches mises à nu

La nuit patiente dans l’étendue de sa substance
compagne impartiale des songes du promeneur
L’hiver s’écrit dans le ruissellement des étoiles

Et mon être vit là, dans la conversation du feu
à l’écoute du serpentement sucré des flammes
en quête de sagesse dans la volupté de l’âtre

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