Fragments de l'homme mort

L’ombre des pins dunaires

Parce que j’ai inventé
enfant, les vies interdites
de mille hommes à venir

Parce que j’ai goûté
le bonheur simple des lucioles
à l’éveil de l’astre

Parce que j’ai souffert
les larmes arides d’une main
arrachée à son âme

Parce que j’ai aimé
le langage vacillant d’un cœur
en offrande à l’orage

Parce que j’ai saisi
les lignes d’une intelligence rieuse
dans la migration des nuages

Je me reconnais multitudes dans les rêveries de l’exil
sous des océans transpercés de lumière
Invité humble et farouche des franges éphémères
de l’émerveillement

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