Terminaisons amoureuses

Poème pour nous deux

Tu sauras toi aussi un jour deviner des mondes
dans les vides pourpres de l’aurore
Méditer les interstices passagers de l’oubli,
en promeneuse des astres aux douces ruses
Je t’attendrai là-bas, dans ces failles de l’aube
où Aimer s’étonne des pétales d’une rose

Tu sentiras ma main faiblir, docile au souffle
d’une éternité aux miels imperturbables
Tes lèvres épelleront un mot à nous deux
inconnu, insondable à nos cœurs incertains
Et nous apprendrons alors ensemble
dans l’absence singulière de nos corps retrouvés

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Pulsations

Spectres bruns

Quand soudain le silence se fait, autour
de quelques silhouettes délicatement apprêtées
la foule s’émerveille du sort qui la vit abdiquer
Elle admire alors ce petit monde aux tristes atours
et s’embrase du charisme d’aucun, à la pale figure
de quelques airs faussement mutins

Ce qu’il y a de génie dans l’incurie batailleuse
des dresseurs du nombre, qui vaticinent
la grâce pour de sombres immondices !
Qui puise des secrets dans la connivence des
astres, qui charme des serpents insensés
pour embrasser le mutisme des sphinx

Ainsi est-on conquis, incrédule, vif de son
apaisement, se pensant en homme libre
quand la harangue immole les cœurs

Mais que valent ces lendemains, drapées de
l’illusion fraternelle, le chœur éteint de l’intime
ahuri, devenu inconnu à soi-même, perdu ?

Rien
Rien que le silence n’aspire à confondre le
silence, pour entendre à nouveau la plaidoirie
patiente de nos destins retrouvés

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