A l’aube d’une nuit de cauchemars
je t’ai compris partie pour toujours
Arrachée à moi par une éternité amère
ce mot que j’ai cru si doux, à jamais
interdit
Un spectre a déposé sur ma bouche
un abîme de désespoir, le baiser
impossible d’une sublime étreinte
le goût du sel, perdu dans l’absence de
ta peau
Alors j’ai creusé cette terre avec les dents
pour y arracher des clous d’un autre siècle
et pétrir à genou l’émail, la glaise et la rouille
Errance effarée de l’exil qui me dévore
nu
Une pluie insensée tombe à verse
sur mon corps fumant de douleur
Je ne ressens rien, je n’existe plus
le souffle vide de me savoir vivant
sans toi
Je gis là, blotti dans un linceul de brume
les sanglots étouffés par un ciel de silence
les lamentations des arbres pour ultime prière
Mais que sont ces larmes, quand à jamais
je t’ai perdue