Lumière et distance

Un crépuscule bleu patient

Te souviens-tu de nos vingt ans révolus
quand dans le brouillard joueur, nous devisions
des destins heureux ?

Nous vivions là, dans la frêle insouciance du
vent, disciples des cœurs simples, le pas
affirmé de l’impatience naïve

Dans l’impasse des heures, ils te sont devenus
un étrange soupir, et je vis pour nous deux
le chant de l’aube, amère et complice

Les rues sont à elles-mêmes retournées, dans
ce tintamarre de mille lunes gouailleuses
chéries et oubliées

Mais dans le soir espiègle de mes nuits
les étoiles vibrent comme un jeu d’enfant
sur nos jeunesses alanguies

Adorées

Par défaut
Pulsations

Un rêve de sable

Deux siècles de toile blanche
ont porté le voile sur les amers lointains

Le temps a détesté cet endroit
l’oubli ou le silence
un aveu

L’été bleu
des matins trompés
indélicatesse des cœurs perdus

Sommeil superflu et vague lente
courbe et éphémère
illusoire

Se souvenir
écueil dérisoire des mots
pour dire les lendemains égarés

Ce rire au loin m’inspire et m’effraie
c’est le mien toujours
animé

Par défaut
Fragments de l'homme mort

L’absente

A l’aube d’une nuit de cauchemars
je t’ai compris partie pour toujours
Arrachée à moi par une éternité amère
ce mot que j’ai cru si doux, à jamais
interdit

Un spectre a déposé sur ma bouche
un abîme de désespoir, le baiser
impossible d’une sublime étreinte
le goût du sel, perdu dans l’absence de
ta peau

Alors j’ai creusé cette terre avec les dents
pour y arracher des clous d’un autre siècle
et pétrir à genou l’émail, la glaise et la rouille
Errance effarée de l’exil qui me dévore
nu

Une pluie insensée tombe à verse
sur mon corps fumant de douleur
Je ne ressens rien, je n’existe plus
le souffle vide de me savoir vivant
sans toi

Je gis là, blotti dans un linceul de brume
les sanglots étouffés par un ciel de silence
les lamentations des arbres pour ultime prière
Mais que sont ces larmes, quand à jamais
je t’ai perdue

Par défaut
Fragments de l'homme mort

Mes vies de sable

J’ai dormi là, à l’ombre des immortels
sur le sable fraichissant une nuit sans lune
le cœur à l’agonie, las de sa couche vermeille
Trop ému d’être seul, l’affection en sommeil
j’ai convoqué une pieuvre et une murène
amies de ma flamme effarée, blême à l’effroi
J’ai rêvé des allégories fabuleuses
tant d’étoiles adorables en mon âme étourdie
ou étais-je éveillé ?

Par défaut
Terminaisons amoureuses

Vibrations

Le monde vibre, inouï, inconnu
vertige impatient de mon âme enivrée
le souffle étourdi d’une confidence

Le langage des feuilles bruisse mon émoi
Les secrets de l’écume murmurent tes mots
Ton sourire m’émerveille

Tu es là, dans cette obscurité sans nom
les lèvres habitées par le jour
souveraine de mes pensées vagabondes
cataractes de silence portées par le vent

Tes lèvres m’ont vu naître

Par défaut