Fragments de l'homme mort

La complexité d’une main

­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­Qu’est-ce que la complexité d’une main
face à la mort
Un univers de fables en ombres chinoises
clair-obscur

Le moindre détail d’une existence passagère
dans le mouvement des doigts
le grain de la peau, comme un langage
d’éternité abstraite et absolue

Le vent comme une caresse
un cri, des larmes
interstice de nos peurs insaisissables
si réelles

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Terminaisons amoureuses

Toi

Toute chose est à sa place
pérenne, inaltérée
horizons labiles du chaos vraisemblable

Mais je frémis soudain
de tenir mon sang si secret
à mon cœur épris

Ardente lune
tes regards sont les nuées
d’un sable coureur d’évangiles

Je confonds les possibles
pour te savoir toi et moi à tes yeux
aimé !

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Lumière et distance

Seuils horizon

J’ai usé les tableaux
Bruegel et Modigliani
La mort et sa roue
Le portrait d’une femme

Je regardais ce bout de couloir
ses icônes, fictions de l’enfance
La porte, le corridor,
l’antichambre d’un secret

L’ébauche d’une fable, fixée
aux traits des passions définitives
je les ai goûtées, douce impatience
Je les ai tant aimées depuis

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Pulsations

Aquarius

Je pleure cette mer tapie d’un champ de bruyère
frontière de l’exil pour ces corps trop jeunes usés
interdits au rivage fraternel, qui échouent à l’ossuaire
des saluts amers, offense à la Méditerranée
Ainsi vont les bateaux de l’incertitude
dans le pâle matin, en leur triste solitude
Je pleure cette mer en son linceul

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Lumière et distance

Rappelle-toi

Rappelle-toi nos serments
le sang qui coule dans les mots
les larmes que l’on voudrait éteindre

Rappelle-toi l’impatience
de nos mains qui s’ouvrent
aux lendemains confiants et secrets

Rappelle-toi le parfum de l’espoir
comme une aventure suspecte ?
Le regard enivré de liberté !

Rappelle-toi ton nom, tout le jour oublié
nos cœurs avides, vivant l’exil
mais toujours vivant !

Rappelle-toi le jour qui se lève
la brume comme une étreinte
désir insatiable de l’homme fier

Rappelle-toi le rêve que tu fis enfant
l’absurdité d’un songe …
qui ne le fut jamais vraiment !

Nous l’avons rêvé, rappelle-toi
oui, nous l’avons rêvé ! rappelle-toi !

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