Fragments de l'homme mort

Trois notes

Nos vies de murmure
pianotent sur l’étal des jours
l’adagio irrésolu
de nos sentiments soudains

Nous filons le siècle
trois notes suspendues
l’existence en clair-obscur
l’âge vagabond

Toutes nos jeunesses
tes yeux pour harmonie
le souffle pourpre

Trois notes définitives
qui scandent mes ténèbres
en un éclat patient

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Fragments de l'homme mort

Au seuil des maisons

Il est des bancs de lichen et de solitude
pour accueillir la vieillesse messagère
qui devise les mains offertes
pour dire l’éblouissement d’une vie

Le désir est une lampe bleu pétrole
qui projette aux confins du monde
des parfums suaves et écarlates

Les baleines s’en émeuvent, qui
méditent des théorèmes aqueux, où
la parole se perd dans les limons
d’une éternité passagère

Mais tout de même encore
à la nuit tombée
les bancs de solitude sont là
qui conversent entre eux

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Fragments de l'homme mort

J’ai choisi la nuit

J’ai cru pouvoir deviner les mots
pour sculpter le vent invisible à mon cœur
J’ai cru pouvoir écrire en une page
l’amour en son sein, rivage trop éphémère
J’ai cru pouvoir tracer les arabesques fugaces
fugaces, fugaces toujours

Mais c’est un univers de formes, où dansent les flammes
Sur quelque pensée sagace, dépourvue d’émail, dépourvue d’émaux

Alors j’ai choisi la nuit
pour apprivoiser les silences, y survivre une minute pleine et conjurer le tonnerre
Alors j’ai choisi la nuit
pour pétrir l’augure, glaise incandescente des lendemains épris
Alors j’ai choisi la nuit
j’ai choisi la nuit toujours, pour vivre nos amours éveillé

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