Fragments de l'homme mort

Mur horizon

J’ai longtemps marché le long de ce mur de tuffeau froissé par les ans
Flânerie ordinaire
égayée par la révérence aimable de quelque valériane purpurine
que le vent accapare de ses instances soudaines

Ce mur est mon horizon, il ne m’appartient pas de le franchir
Minutes blêmes
il n’est pour l’abolir qu’une bise amie propre à animer les pages
les notes égarées d’un rire cristallin, vestige de ma liberté perdue

Je converse alors avec la pierre mille portes aux arabesques sauvages
Illusion amère
que ce langage amène souffle à l’impertinence d’une idée asservie
l’Iris des lendemains plus subtils, risée des pas anciens

Ce mur n’existe pas, il n’a jamais existé

Par défaut
Lumière et distance

Lueurs

J’ai cherché
à l’ombre des pierres séculaires
où le sable si vaste embrasse l’allégresse
les matins d’hier


J’ai dévoré les racines d’une éternité sauvage
l’âme assoiffée des parfums oubliés
où la dune en éveil
trompe l’écueil de ma mémoire plurielle

J’ai consulté les adages de mes empires lointains
tracé deux runes, fureur et tendresse
qu’un vent résistant, porte depuis si longtemps

J’ai ri de moi, le pas suspendu
aux reflets opalins de la lune amie
Lueur, je t’ai cherchée
Lueurs, j’ai survécu

Par défaut