J’ai gagné le fleuve ce jour de septembre
absorbé par la brume évanescente au petit matin
rivière de lait à l’ondoiement indécis
Soudain quelque martin-pêcheur s’égaye là
et se rit de moi ses apparitions fulgurantes
pour troubler ma mélancolie passagère
Les frênes s’en attendrissent et assiègent ma peine
frondaisons automnales bercées par un soleil tranquille
qui donne à mes ébauches des perspectives plus sincères
S’abandonner
le temps d’un éclat, cet éclat
miroir de mes parages clandestins
La mer perle à mes yeux des embruns sauvages
regards avides et sombres de la nacre claire-obscure
écume furieuse aux bruissements balsamiques
C’est un spectacle de Fous de Bassan
unanimes à la parade de l’aube animée
témoins flegmatiques des jours de mars
Le paysage épouse un camaïeu de gris
qu’un vent malicieux transfigure les nuages
et perce l’horizon d’un rai à l’orbe argentine
S’abandonner
le temps d’un éclat, cet éclat
miroir de mon âme océane